De plus ça change…

10 août 2009

Le 8 août 1999, quelques amis mettaient en place un site sans grande prétention, inspiré de deux ou trois trucs qu’ils trouvaient socialement intéressants et que les américains nommaient « blogs ». Faute de vocabulaire français, ils ont même inventé un néologisme pour le décrire, le «webabillard» (terme qui a eu un peu moins de longévité que le concept). Encore chanceux, ça aurait pu être un «joueb».

Quelques jours plus tard, ils mettaient à la poste des enveloppes adressées à quelques personnes qu’ils admiraient (oui! oui!) un peu partout dans le cyberespace québécois. L’enveloppe ne contenait qu’un petit, tout petit papier, avec simplement un URL écrit à la main:

http://www.pssst.qc.ca/

Le bouche à oreille, l’anonymat et ce besoin primaire de critiquer ont fait le reste. Mais surtout ce besoin de discuter et de construire, avec d’autres «têtes bien faites», les bases de ce Québec numérique que nous souhaitions tous. Ce lieu aura vécu durant 4 ans, aura été le laboratoire des fils RSS, des commentaires, des trolls, des découvertes, des apprentissages, de belles chicanes et de belles rencontres. J’y ai rencontré des gens merveilleux, avec chacun leur personnalité (ça c’est une subtile façon de dire que même les gens merveilleux ont des défauts!), mais tous avec cette même ferveur pour l’évolution numérique de la société québécoise.

À fouiller dans les quelques traces qu’il reste de pssst sur le web, on trouve des perles, des trucs qui semblaient pertinents à une époque lointaine, mais aussi un grand désir de faire avancer les choses. La fin est triste et belle à la fois, mais elle était nécessaire, trop peu de ces projets ont une fin. C’était l’idée au coeur du manifeste #1, faire avancer les choses.

Mais à relire ce manifeste 10 ans plus tard, on se questionne.

Aujourd’hui, il est comment notre cyberespace québécois? À travers les montagnes russes des dernières années, de la Toile du Québec à la crise économique d’aujourd’hui, en passant par la folie boursière et l’éclatement de la bulle, quelques modes, quelques egos et quelques cirques industriels, il nous reste quoi? Qu’avons nous appris? Qu’avons nous construit?

En sommes nous encore au même point? Est-ce encore important? Si oui, on fait quoi? Là?

P.S. Clément et moi avions convenu d’écrire chacun un texte à cette occasion, sans nous consulter, et sans nous le montrer avant publication. Ce qui fut fait. Son texte est ici.

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C’était il y a dix ans « Du cyberespace à la cité éducative…
10 août 2009 à 7:42

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Alex 10 août 2009 à 8:08

On a pas avancé certain: «On est 4 ans en retard!!!» ;-)

Je suis de ceux qui pensent que nous avons avancé et appris tous pleins de choses. Nous avons fait nos erreurs comme le restant de la planète. Il ne faut pas oublier que le domaine n’existe pas depuis 100 ans. C’est une industrie qui a encore la couche aux fesses. Dans 5 ans, les outils «saveur du mois» actuels (WordPress, Twitter, FaceBook et cie) auront été remplacés par de meilleurs outils plus performants et encore plus adaptés à nos besoins.

Nous avons de belles initiatives et elles me semblent avoir un futur glorieux. Il y a des «shops web» qui sont très solides et pertinentes, à mon avis. La collaboration et l’entraide me semblent toujours des concepts très forts ici.

Comment fait-on pour montrer que le Québec peut encore être progressiste et en avance sur son temps? On fait comment pour faire nommer un ministre du développement numérique? Un élu qui ne ferait que ça? On se prend un rendez-vous avec notre Premier Ministre et on lui explique la patente?

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Sebastien Provencher 10 août 2009 à 8:24

À mon avis, il faut passer d’une culture de communications/publicités à une culture de produits.

CFD, je pense qu’on assiste à un début de manifeste du « world-wide refus », i.e. refus global 2.0…

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Alex 10 août 2009 à 8:37

@sebastien: En effet, on voit passer ça et je suis très enthousiaste à l’idée. Mais svp, svp, ne le nommons pas «refus global 2.0». Y’en a marre des concepts 2.0. Le nommer ainsi serait justement de tomber dans le piège de la publicité/marketing en réutilisant un titre de document bien connu. Laissons Borduas et sa gang en paix.

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Sebastien Provencher 10 août 2009 à 8:49

@Alex c’était pas sérieux. C’était un clin d’oeil au fait qu’hier, c’était l’anniversaire de ce fameux Refus Global (http://fr.wikipedia.org/wiki/Refus_Global)

En fait, ce que je voulais dire, c’est refus blogual.

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Alex 10 août 2009 à 8:55

OK fiou! Mais que j’te vouaille recommencer! Héhéhé.

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Mario Asselin 10 août 2009 à 9:07

Le Refus Global est une puissante référence et on ne le refera pas, 2.0 ou «whatever».

Pourquoi repartir dans la direction de ce qu’on ne veut pas? Pourquoi refaire le coup du «Freinons l’immobilisme»!

On pourrait peut-être écrire le manifeste de ce qu’on veut qui arrive. Quitte à ce que ce soit un ti-peu exalté…

«De refus blogal» à «utopie blogal»?

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Patrick 10 août 2009 à 10:33

C’était pas supposé être ça le plan machin dont j’oublie le nom exact?

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Olivier 10 août 2009 à 13:21

Durant l’enterrement, une tête bien faite sans prétention nous avait laissé entendre que ça renaîtrait via – comment on appellait ça déjà ? – des trackbacks.

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Rémi Prévost 10 août 2009 à 13:21
Mario Asselin 10 août 2009 à 16:17

Ça pourrait être un bon début que de reprendre à partir de «Ça», en effet…

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diane massicotte 10 août 2009 à 22:23

Merci pour ce rappel.

J’ignorais les origines du blogue québécois.

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