De plus ça change…

Le 8 août 1999, quelques amis mettaient en place un site sans grande prétention, inspiré de deux ou trois trucs qu’ils trouvaient socialement intéressants et que les américains nommaient « blogs ». Faute de vocabulaire français, ils ont même inventé un néologisme pour le décrire, le «webabillard» (terme qui a eu un peu moins de longévité que le concept). Encore chanceux, ça aurait pu être un «joueb».

Quelques jours plus tard, ils mettaient à la poste des enveloppes adressées à quelques personnes qu’ils admiraient (oui! oui!) un peu partout dans le cyberespace québécois. L’enveloppe ne contenait qu’un petit, tout petit papier, avec simplement un URL écrit à la main:

http://www.pssst.qc.ca/

Le bouche à oreille, l’anonymat et ce besoin primaire de critiquer ont fait le reste. Mais surtout ce besoin de discuter et de construire, avec d’autres «têtes bien faites», les bases de ce Québec numérique que nous souhaitions tous. Ce lieu aura vécu durant 4 ans, aura été le laboratoire des fils RSS, des commentaires, des trolls, des découvertes, des apprentissages, de belles chicanes et de belles rencontres. J’y ai rencontré des gens merveilleux, avec chacun leur personnalité (ça c’est une subtile façon de dire que même les gens merveilleux ont des défauts!), mais tous avec cette même ferveur pour l’évolution numérique de la société québécoise.

À fouiller dans les quelques traces qu’il reste de pssst sur le web, on trouve des perles, des trucs qui semblaient pertinents à une époque lointaine, mais aussi un grand désir de faire avancer les choses. La fin est triste et belle à la fois, mais elle était nécessaire, trop peu de ces projets ont une fin. C’était l’idée au coeur du manifeste #1, faire avancer les choses.

Mais à relire ce manifeste 10 ans plus tard, on se questionne.

Aujourd’hui, il est comment notre cyberespace québécois? À travers les montagnes russes des dernières années, de la Toile du Québec à la crise économique d’aujourd’hui, en passant par la folie boursière et l’éclatement de la bulle, quelques modes, quelques egos et quelques cirques industriels, il nous reste quoi? Qu’avons nous appris? Qu’avons nous construit?

En sommes nous encore au même point? Est-ce encore important? Si oui, on fait quoi? Là?

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P.S. Clément et moi avions convenu d’écrire chacun un texte à cette occasion, sans nous consulter, et sans nous le montrer avant publication. Ce qui fut fait. Son texte est ici.

De la réécriture du dictionnaire…

J’ai comme un fantasme d’éliminer des mots du vocabulaire quotidien!

SPIEGEL: Mr. Anderson, let’s talk about the future of journalism.

Anderson: This is going to be a very annoying interview. I don’t use the word journalism.

SPIEGEL: Okay, how about newspapers? They are in deep trouble both in the United States and worldwide.

Anderson: Sorry, I don’t use the word media. I don’t use the word news. I don’t think that those words mean anything anymore. They defined publishing in the 20th century. Today, they are a barrier. They are standing in our way, like ‘horseless carriage’.

SPIEGEL: Which other words would you use?

Anderson: There are no other words. We’re in one of those strange eras where the words of the last century don’t have meaning. What does news mean to you, when the vast majority of news is created by amateurs? Is news coming from a newspaper, or a news group or a friend? I just cannot come up with a definition for those words. Here at Wired, we stopped using them.

Via Spiegel Online

De la fermeture qui les tuera…

Bel article dans Le Soleil ce matin sur le RTC

Faudrait demander combien ça a coûté Trajecto et la version précédente (qui ne valait pas vraiment l’argent qu’ils y avaient mis), ce sont des deniers publics… Et ce que ça coûte en perte de visibilité de ne pas être dans Google Maps comme toutes les grandes villes du monde… (même Montréal!).

Et ils vont valider avec leur services juridiques… *soupir*
Grouillez vous plutôt d’offrir un contrat au gars de RTC Mobile, c’est simple et évident, ils travaillent pour vous presque gratuitement.

Mais souvenez-vous, ils l’ont dit «l’informatique, c’est de plus en plus populaire»… *re-soupir*

Et on veut faire de Québec une ville branchée! (juste copier Vancouver ça serait déjà bien…)