De la neutralité du net, vu du train…

Je suis dans le train. Je consulte mon Google Reader via le toujours variable wifi offert par Via Rail. Je remarque quelque chose d’étrange.

Les publicités dans mes fils RSS sont remplacées par des logo de Via Rail. J’explore un peu plus. Lorsque je visite Cyberpresse, les publicités n’apparaissent pas. Je me branche via mon iPhone, étrange, les publicités apparaissent sur Cyberpresse et dans mon fil RSS. J’essaye dans Chrome et dans Safari, même constat. Tout le contenu est similaire, seules les pubs sont absentes ou modifiées.

J’en déduis que Via nous offre un accès gratuit, mais qu’ils filtrent la publicité? À terme, qu’ils la remplaceront?

Depuis longtemps, j’ai peur que ça arrive. J’ai peur que Vidéotron nous offre de l’Internet à la maison en bloquant le contenu de leur concurrent, ou en remplaçant Véronique Cloutier par Julie Snyder sur les photos du site de Radio-Canada. Je dis Vidéotron, mais ça peut être Bell ou d’autres. Déjà que je trouve étrange et désolant ces firewalls qui filtrent subjectivement du contenu pour moi sur certains accès publics.

J’ai hâte de voir Cyberpresse poursuivre Via. Ça sera peut-être plus violent que si je porte plainte au CRTC…

Cyberpresse via Fido (iPhone en partage de connexion):

Cyberpresse via Wifi (ViaRail):

De 10 ans…

Il y a de ça presque dix ans, j’ai dit à une amie dans une situation émotivement complexe « n’en parlons pas, on en rejasera dans 10 ans ». À 30 ans, 10 ans, ça semble une éternité. Pourtant nous en sommes là, ça vient toujours trop vite.

Dix années, où à chaque début d’avril la vie ramène le même stress étrange, que je tente toujours d’associer à une foule d’autres choses, mais qui revient toujours au même, un père c’est important, même quand ce n’est plus là. À bientôt 40 ans, maintenant père à mon tour, ça prend une toute nouvelle signification, ça rend la tristesse différente, l’énergie plus positive. Je l’ai toujours dit, la vie éternelle c’est ça, profiter du moment présent, se souvenir de l’énergie de ceux qui n’y sont plus, s’en inspirer, la passer au prochain.

J’ai retrouvé, l’autre jour, un vieux schéma griffonné par mon père, comme une leçon de vie, laissez en souvenir d’une trop rare discussion sur la gestion: avec sens / [faire agir, faire comprendre, faire apprendre] / en synergie. Se souvenir, s’inspirer, le passer au prochain.

Des collecteurs de données…

Première tendance forte de 2011: les collecteurs de données pour iPhone.

Indirects depuis longtemps: Withings (je l’aime beaucoup, je l’avoue.)

Ils deviennent plus direct (bluetooth/dock) depuis cette semaine (n’est-ce pas le iOS 4.2 qui permet (enfin!) à des périphériques autres de se brancher via le Bluetooth?)

CarTrip et CleanDrive pour votre auto.
iHealth blood pressure iPod dock pour votre pression artérielle.
WakeMate pour votre sommeil

Comme ils font leur argent avec le matériel, je me demande bien si les manufacturiers vont la jouer «ouvert» pour que d’autres s’amusent à faire des combinaisons (genre mélanger sommeil, pression et automobile).

Des gadgets qui savent ce qu’ils sont et qui restent de leur temps…

Après avoir passé une journée ou deux du temps des fêtes à me battre contre des fils, des configurations et des télécommandes, je vous annonce fièrement que le monde de l’audio/vidéo aurait besoin d’une bonne thérapie…

Si un jour, je décide de devenir Sony, je me concentrerai sur:
– un écran qui n’est qu’un écran (pas d’haut-parleur, pas de syntoniseur, une seule prise HDMI).
– un ampli qui n’est qu’un ampli (huit prises HMDI, 9.2 prises de haut-parleur, traitement numérique de tout ce qui existe)
– une « cable box » plus proche de l’Apple TV que de l’affreuse Scientific Atlanta (dont l’interface (et les fonctions) semble restée en 1999).
– une télécommande intelligente et simplifiée.

Le tout avec une connectivité Internet permettant les mises à jour et la configuration à distance.

Des choses 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20 et 21 (bis)

(L’article précédent m’a fait sentir coupable, faut croire…)

Voici donc les 9 choses inédites de San Francisco, qu’il me manquait, juste pour vous, avec quatre mois de retard!

Dans la catégorie bouffe: le coup de coeur demeure la table du chef du SPQR petit frère du réputé A16, tous deux des restaurants italiens réputés. Arrivé sans réservation, nous nous sommes retrouvés au comptoir de la cuisine les yeux directement dans l’action. Souper mémorable, ambiance digne d’une émission de télé-réalité culinaire. Chaude recommandation pour le brunch dominical de Heart, au sud de Valencia (dans Mission), nous y étions malheureusement presque seul, ce qui enlevait à l’ambiance, et explique peut-être pourquoi leur site n’y fait plus référence. Et coup de coeur total (malgré les 90 minutes d’attente) pour Pizzetta 211, une miniature pizzeria classique situé en plein quartier résidentiel, pour la qualité, l’ambiance et le service (découvert via Gwyneth Paltrow GOOP: «It is the super secret bombdiggity».

Dans la catégorie vin (j’en buvais, moi!): au sud, le nouveau Randall Grahm, et son Bonny Doon maintenant en plein coeur de Santa Cruz. Au nord, Corison, pour son cabernet sauvignon, et pour être tout le contraire de ce que Napa est devenu en terme de commerce et de tourisme (merci Rémy Charest pour les recommandations! Ne compte pas comme inédit, pour son côté commercial et exubérant, le nouveau Coppola (bien qu’on ait apprécié le restaurant Rustic pour la vue et la saveur des plats!).

Dans la catégorie café (on a abusé de ça, pour l’ambiance, l’énergie et le wifi): outre le Blue Bottle (dont j’ai parlé précédemment), comment passer à côté du Ritual Roaster (un coup de coeur) et du Four Barrel, deux lieux de prédilection pour le barrista professionnel (qui ressemble généralement à Xavier Dolan). Depuis ces découvertes, je bois mon café noir.

Le Ritual Roaster affichait sur ses murs de belles sérigraphies de Paul Madonna, illustrateur de San Francisco. Je n’ai pas pu résister, j’ai investi pour la décoration du sous-sol et le souvenir.

Voilà. Prochaines découvertes sous peu!

De la rigueur…

Évoquer la possibilité, même en sachant trop bien que ça sera impossible, mais bon, on peut bien prendre des résolutions. Bloguer une fois par jour, toute l’année? Ai-je des amis qui oseront reprendre le rythme?

Étrangement, en 2010, j’ai eu l’impression que mon système de gestion de l’information s’installait tranquillement. Mais qu’il me manque encore des outils essentiels à la réflexion et au partage d’opinions et de nuances. Jamais été aussi bien équipé pour découvrir des trucs intéressants (Google Reader (Reeder sur l’iPad, pour l’option Readability), Twitter, Facebook), relativement bien équipé pour les partager directement (partage via Google Reader), mais très peu équipé pour les bonifier de commentaires complets et réfléchis. Certains me diront que c’est une question de prendre le temps, ce l’est, mais c’est aussi une question de motivation. J’ai eu plus de plaisirs à le faire en interview (celle avec Patrick pour NextMontréal et celle avec Rémi pour utilise.ca) qu’ici… est-ce le thème imposé, le deadline, l’impression de faire parti d’un tout plus grand?

Pour les sources d’informations, j’ai vraiment le goût de faire un grand « reset » sur mes 327 fils RSS. Peut-être même sur mes 788 amis Twitter. Trop c’est comme pas assez. Surtout avec mon FOMO (triste maladie).

J’ai échoué lamentablement dans les 21 choses en 21 jours à San Francisco (partie 1, partie 2, partie 3, partie FAIL), mais j’ai pourtant mes notes de découvertes que je n’ai pas pris le temps de mettre sous forme de billets. J’ai même des idées récurrentes de podcast (Patrick on avait pas parlé de faire ça?).

Et 2011 s’annonce tellement pleine de projets et de défis que je ne doute même pas que le blogue pourrait être un outil intéressant pour relativiser tout ça.

Et il y a toutes les merveilleuses choses de la vie personnelle que j’aimerais aussi partager et réfléchir publiquement, de la complicité amoureuse profonde jusqu’au projet EABDC (ETA 29 janvier 2011). Mélanger tout ça? Peut-être.

Du plan numérique pour le Québec.

J’ai choisi volontairement d’attendre quelques semaines avant de commettre un texte pour appuyer le Manifeste pour un plan numérique. Pas que j’aie des doutes, mais plutôt que je souhaite vivement qu’on aille rapidement au-delà du Manifeste, dans l’action, et que j’espère qu’on en parle bien au-delà de la semaine de sa publication (les réseaux sociaux ont la mémoire courte et l’impact bref).

Premier dossier: le tuyau.

J’entends beaucoup d’inepties de la part de différents groupes de pression, qui, prêchant pour leurs paroisses, choisissent de protéger leurs acquis plutôt que d’investir dans l’innovation. C’est un réflexe naturel (les dinosaures aussi étaient naturels).

Une constante dans tout ça, on vise ceux qui nous donnent l’impression de faire de l’argent. Cible commune: les Bell, Vidéotron, Rogers, Telus, et autres grands fournisseurs d’Internet (qu’il soit haute vitesse ou sans fil). On proteste contre la disparition des forfaits illimités, et on espère taxer ceux qui font de l’argent avec notre musique (dixit Luc Plamondon, arggg…).

Trois constats:

1) L’Internet illimité ça n’existe pas, outre dans l’esprit des gens de marketing. Il y a des coûts à mettre en place ces réseaux, il est normal qu’on les paye à l’utilisation. Ceux qui en abusent influencent la performance de tous les autres, et sur le prix également. Le prix augmente particulièrement lorsqu’il y a congestion.

Alors, oui à la tarification à l’utilisation, elle est inévitable, mais oui aussi à une baisse globale des prix pour les utilisateurs moyens. On doit favoriser l’accès par le plus grand nombre.

2) Il y a de grands dangers à vouloir faire payer des redevances aux fournisseurs d’accès Internet. En situation de quasi-monopole, tout économiste vous dira que cette redevance sera directement assumée par le consommateur, faisant augmenter un prix déjà parmi les plus élevés au monde.

De plus, c’est une taxation inéquitable, assumant que tous les utilisateurs sont des pirates. Je souscris beaucoup plus à la théorie de Karl Dubost (entendu au BookCamp de Montréal): le piratage est un signe d’une défaillance de l’offre, donnez nous les moyens de consommer la culture simplement et à juste prix et et nous payerons pour avec plaisir. Sinon, nationalisons les réseaux et assurons-nous que tout le monde a accès à la culture québécoise (ça revient pratiquement au même, on paye d’une façon ou de l’autre…).

3) J’ai toujours peur que les adeptes de la taxation fassent le saut vers le contrôle des contenus, ou même encore, que les fournisseurs, maintenant taxés pour le contenu qui circule sur leur fil, se sentent légitimés de le contrôler. Imaginez un instant que Vidéotron bloque à ces usagers le contenu de Sympatico, ou pire encore, que Bell remplace les annonces sur le site de Cyberpresse par les siennes… Déjà qu’ils jouent, sans le dire ouvertement, avec la vitesse et la priorité de certains contenus ou de certaines utilisations.

La neutralité du réseau doit être préservée à tout prix, elle doit faire partie des valeurs fondamentales des interventions du gouvernement. Surtout pas l’inverse, à moins de vouloir émuler la Chine.

N’oubliez pas que bientôt (demain, genre!), les médias «de masse» ne seront plus qu’un souvenir du passé. Vidéotron aura retiré toutes les chaînes télévisées de son câble, pour offrir plus de bande passante à l’Internet, même Bell aura choisi d’éliminer la voix de son réseau pour n’y faire passer des 0 et de 1. Qui serons-nous pour discriminer quels 0 et quels 1?

Du BookCamp Montréal 2010

(liveblog, comme dans le bon vieux temps!)

 

Olivier Charbonneau : le droit d’auteur (charpente économique fédérale), la loi sur le livre (Vaugeois, 1980) (charpente économique provinciale).

[relire l’amour du livre]

Bibliothèque: taxe: marché: nationaliser l’industrie du livre/contenu? (l’est-elle déjà?)

Hugh McGuire (Librivox):

– Librivox: réalise plus d’une centaine de livres audio par moi.

– Bookoven: environnement de création de livres (trop focus sur l’aspect collaboration, problématique de la complexité du développement logiciel).

– Première mondiale de PressBooks: WordPress for making books. Linked to Indesign, Linked also to lulu.

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1000-vies : projet des bibliothèques de Montréal.

(livres?) en ligne, superbe contenu littéraire en lien avec du matériel historique et d’autres ouvrages du fond de la bibliothèque.

Nellie Brière, Cadavre exquis 2.0 de artv.

La Pastèque. Et ses livres ovni. Allez vers des sections de librairies où l’on ne nous attendons pas. L’Appareil (avant la vague foodie), Quel part, La bête (avant le babyboom). Pousser le livre objet le plus loin possible.

Dans le milieu de l’édition de la bd, surtout avec l’arrivée du iPad. Redéfinir la chaine du livre. (confession, mon premier livre numérique québécois, c’est Boris.)

Le projet La Bête. 1.0 en décembre, 4.99$, multimédia, animation (14 doubles-pages animées).

Éditer dans le numérique, c’est réapprendre notre métier d’éditeur.

Vincent Olivier, belle, claire et intelligente présentation.