voip.

Je n’ai pas pris le temps de noter mes apprentissages dans le dossier de la téléphonie IP (VoIP). J’ai vraiment fait un tour d’horizon assez intéressant et découvert plein de choses. C’est définitivement un monde en pleine évolution, mais il reste beaucoup à faire pour en démocratiser l’accès.

Le système téléphonique (PBX).

Asterisk, c’est l’incontournable « logiciel libre » pour bâtir le système téléphonique. Malheureusement ça a aussi les gros défauts du « logiciel libre »: pas de documentation simple et complète, pas d’uniformité dans les termes et les raccords avec les technologies de d’autres fournisseurs, et surtout très peu de convivialité, ça ne s’apprend pas en une journée, ça nécessite beaucoup d’essai / erreur. Trop.

Après beaucoup de tergiversations, j’ai abandonné l’espoir que l’on puisse tout faire ça nous même, malgré le talent de mes collègues spécialistes linux (et ce n’est pas parce que tu es spécialiste linux que tu comprends nécessairement tout le vocabulaire de la téléphonie…)

Je cherchais donc quelque chose de plus évolué, basé sur Asterisk, mais avec une interface et une documentation simple. Ce que j’ai trouvé chez Switchvox. Je suis donc maintenant un revendeur autorisé. 🙂

Switchvox, c’est simple et complet, et ça vaut largement le 1000$. Il manque encore quelques fonctions (dont le fax) et quelques facilités pour le multilingues. Mais à date, ça bat tout ce que j’ai vu au niveau de la simplicité et des fonctions. Un jour, j’espère qu’ils vont faire comme Linksys et mettre tout ça dans une petite boîte. Pour avoir vu le copain Laurent gosser avec le Linksys SPA9000, la convivialité (interface et vocabulaire) n’a pas suivi dans la petite boîte. Et c’est pratiquement impossible de devenir revendeur autorisé du Linksys, donc, difficile d’en acheter.

Les lignes téléphoniques.

Ha! Joie. Mon hypothèse première était de brancher des lignes téléphoniques analogiques directement dans le système. Étrangement, le fait que Allstream (et Bell) demande un délais de 3 à 4 semaines pour l’installation de nouvelles lignes, m’a incité à regarder les autres options (on est en l’an 2006, 3 semaines pour une ligne?). Pour ceux qui se le demandent, les lignes analogiques, ça se connectent directement dans le serveur via des cartes Digium Wildcard.

Qu’elles sont les autres options? Et bien c’est relativement simple, ça prend des DID (ça ça veut dire des numéros de téléphones entrant) et des points de sortie.

Alors, il s’agit d’acheter un ou des numéros (avec un nombre X d’accès en parallèle) chez un fournisseur de DID (dans ce cas-ci, un (514) obtenu en moins de 3 secondes chez Junction Networks). Ils vous donneront les coordonnées d’un serveur avec identifiant et mot de passe, que vous ajouter à votre serveur téléphonique pour en faire une ligne d’entrée (via le protocole IAX ou SIP). Et hop, un numéro de téléphone fonctionnel en moins de 5 minutes. D’autres fournisseurs ont des offres un peu différentes: LES.net, BabyTel, VoxBone, etc.

Les téléphones

Le protocole le plus ouvert et reconnu pour la téléphonie IP reste le SIP. Donc, il faut trouver des téléphones SIP. Je me suis arrêté sur les Polycom, parce que c’est relativement facile de devenir revendeur autorisé (surtout pour avoir accès à la documentation technique), et qu’ils offraient un excellent rapport qualité prix. Malheureusement, la documentation est relativement cryptique pour le non-initié (les gens de téléphonie ont un vocabulaire peu compatible avec le monde IP, et souvent pas très compatible entre eux, ce qui rend la configuration plutôt « exploratoire »). Mais après quelques essais et un peu d’exploration, on comprend que ce n’est pas si compliqué que ça. Une « extension », c’est à la fois une ligne interne et un utilisateur du serveur (donc un nom et un mot de passe).

On est rapidement épaté de constater que les téléphones sont assez brillants pour télécharger leur configuration d’un serveur web au démarrage (un fichier XML assez complexe), et encore plus surpris de voir que le téléphone lui même contient un serveur web qui facilite la configuration par la suite.

Le réseau

Avec la large bande passante des réseaux modernes (interne et externe) on s’entend pour dire que la téléphonie IP souffre de moins en moins de l’architecture « par paquet » à la base de l’Internet.

Mais il y a tout de même des choses à respecter pour s’assurer d’une qualité optimale: une switch intelligente (avec des capacités de « qualité de services » (QoS), donc capable de donner priorités aux données VoIP), l’utilisation de VLAN pour les téléphones (je suis pas encore rendu là!) et l’utilisation d’un serveur performant et « optimisé » (certaines architectures de serveur ont des problèmes d’interruption qui peuvent diminuer la performance). On parle ici de compression et de transport audio numérique en temps réel sur un support technologique qui n’a pas été fait à la base pour « garantir » le transport constant de l’information, ça reste un beau défi technique.

Les deux petites choses intéressantes? Le « power over ethernet » (PoE), qui m’évite d’avoir à brancher mes téléphones dans des prises électriques. Et la deuxième prise ethernet dans le téléphone qui me permet de brancher les ordinateurs plus simplement.

Conclusion

Bref, mon dernier système téléphonique traditionnel m’avait coûté plus de 12000$ pour une vingtaine de poste, des boîtes vocales avec plein de limitations, des fonctions inexistantes (parce qu’il faudrait upgrader le « logiciel » ($$$)) et surtout les services d’un technicien pour la moindre petite modification.

Ce nouveau système aura coûté 6000$ pour une douzaine de postes. Il peut être configuré avec une souris par le pire des techniciens du monde (moi!), et offre toutes les fonctions modernes imaginables (messagerie vocale par courriel, salle de conference virtuelle, queue d’appel, renvoi simultané (tout vos téléphones sonnent en même temps!), etc.

Je peux comprendre pourquoi les grandes compagnies ont peur et pourquoi les Nortel et autres auront de la difficulté à trouver leur place dans ce monde nouveau. Je prédis que d’ici deux ans, le même système coûtera 3000$ et qu’il sera encore plus performant et convivial.

5 réflexions sur « voip. »

  1. Très intéressant, y’a presque deux ans j’avais considéré me monter un kit basé sur Asterisk pour la maison, pis après Vonage est arrivé. Mais l’idée de tout rouler moi même est très alléchante, j’ai hâte que ce genre de système soit possible pour les petits aussi. Merci de partager.

  2. C’est sûrement très faisable avec Asterisk, mais la courbe d’apprentissage est longue: c’est par et pour des techies encore, malheureusement…

  3. C’est très impressionnant. Je travaillais récemment sur un projet VoIP pour une compagnie avec environ 25 postes sur une T1 et les soumissions tournaient aux alentours de 40 000$ pour les gros joueurs (Nortel, Mitel, etc.). Le pire, à ce prix là, pas moyen de savoir si on a pris toutes les options nécessaires. Il y en a tellement que même les revendeurs ne savent pas trop.

    Petite question comme ça, à quoi ressemble la qualité et la fiabilité du lien avec Junction Networks?

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