De la stratégie de l’an 2 du iPhone…

(ou CFD fait son John Gruber…)

Il y a des trucs intéressants à regarder concernant le lancement du iPhone 2.0 au début juin, le modèle d’affaires changera radicalement pour Apple et pour les fournisseurs de service, ça sera passionnant! (J’avoue être étrange: un de mes fantasmes est de mettre la main sur le contrat entre AT&T et Apple, juste pour admirer l’effort de compromis nécessaire pour en arriver là!)

Actuellement, le modèle est simple:

  • une entente d’exclusivité avec un fournisseur par pays, très lucrative (un % des revenus mensuels)
  • un téléphone barré à ce fournisseur
  • une commercialisation via Apple et le fournisseur
  • un service spécialisé: Visual VoiceMail, pour lequel le fournisseur doit avoir ajusté son système
  • on ne sait pas si Apple a son mot à dire sur les forfaits offerts (ils sont différents selon le pays)
  • on se doute qu’Apple a une entente qui l’empêche de faire (ou de laisser faire) du VoIP
  • on se doute qu’Apple a signé une entente l’empêchant de vendre des téléphones débarrés

Or l’expérience de la première année a démontré:

  • impossible de négocier des ententes dans les pays (Canada) où il n’y a qu’un seul fournisseur
  • difficulté d’avoir une distribution mondiale (trop de fournisseurs, trop d’intervenants)
  • impossible de se battre contre les « débarreurs » à court et à moyen terme
  • difficile de justifier le principe du fournisseur unique là où les clients sont habitués à un marché libre (Europe)
  • existence d’une vaste tendance au marché gris
  • difficulté d’atteindre l’objectif de 10M d’iPhone

Donc:

  • on abandonne les lucratives ententes de redevances
  • je prédis ici que le nouveau iPhone ne sera pas en vente avant le 29 juin (ma fête) soupçonnant AT&T d’avoir une entente d’un an (sur un contrat de 5 ans) sur les téléphones « barrés » partout dans le monde
  • on ne vend que des téléphones débarrés en version 3G partout dans le monde
  • on garde et on développe des ententes de promotion et de vente avec des fournisseurs spécifiques
  • on encourage le besoin en data en temps réel ou à grand débit, et donc l’utilisation des réseaux de cellulaire 3G
  • on ne verra plus de forfait illimité 3G chez aucun fournisseur, mais les prix baisseront
  • Apple rend l’achat d’applications si simple que tout le monde préfère distribuer par le système d’Apple (et faire un peu d’argent) plutôt que de passer par Installer.app
  • Apple vise les marchés d’affaires et les applications spécifiques
  • Apple entre dans son argent en atteignant rapidement son 10M d’iPhone vendu partout dans le monde et par les redevances sur la musique et les applications vendues
  • Les fournisseurs tentent d’entrer dans leur argent en augmentant leur revenu moyen sur la bande passante

Apple adopte donc rapidement un modèle beaucoup plus proche de Nokia (sur l’ouverture et le multimédia) que de Blackberry (d’où ils puisent leur stratégie affaires quand même), tout en contrôlant eux même le système d’exploitation tel Palm et Blackberry, mais avec une culture de développement issue des communautés web et Mac (ce que ni Palm, ni RIM n’ont…).

Pendant ce temps RIM se collera un peu trop sur les fournisseurs et ses clients d’affaires. Nokia continuera de profiter de son leadership et de sa position mondiale. Palm crèvera. Google et Microsoft s’amuseront à contrôler le logiciel sans le matériel. Belle bataille à venir!

6 réflexions sur « De la stratégie de l’an 2 du iPhone… »

  1. « Apple rend l’achat d’applications si simple que tout le monde préfère distribuer par le système d’Apple »

    Je n’ai aucun doute que l’achat se produira de façon extrêmement simple, mais la question de la distribution, c’est à dire de la popularité du choix du magasin en ligne d’Apple du point de vue des développeurs (versus Installer.app), est encore à voir. En fait, dans les conditions connues actuellement (Objective-C et approbation individuelle par Apple), ça ne donne absolument rien d’enthousiasmant.

    Installer.app permet au moins, en ce moment, une entière liberté pour la distribution pour les développeurs, et même des avenues funky comme l’écriture d’applications « natives » (ou du moins, apparaissant et fonctionnellement équivalentes à des applications natives) en JavaScript. Voir http://www.jiggyapp.com/

    Une des clés de réponse pourrait se trouver du côté Flash (pour résumer une affaire de subterfuge au plus haut niveau durant laquelle Apple disait « pas de Flash sur le iPhone » dès le début, Adobe vendait Flash Lite à Microsoft en sachant que cette technologie était « dead on arrival », et que cette même Adobe annonçait au passage que le vrai Flash serait (d’une façon ou d’une autre) sur le iPhone quelques jours après la vente de Flash Lite à MSFT).

    Si on veut résumer, Apple n’a pas nécessairement la meilleure attitude au monde face aux développeurs, et le magasin d’applications iPhone d’Apple risque d’en être une des preuves. Évidemment qu’un mini-Spore d’EA fera l’apparition très tôt à ce magasin… On peut par contre se demander, pour ne donner qu’un seul exemple, comment une application de VoIP (voir http://www.fring.com/ pour une application qui fonctionne aujourd’hui sur iPhone débarré) pourrait être distribuée.

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