De la nouvelle identité.

(AVERTISSEMENT: ce texte peut contenir le mot «paradigme».)

J’ai le plaisir d’être entouré de gens qui s’intéressent à la diffusion, à l’apprentissage, à l’échange, au développement et à l’interactivité à l’ère de l’information. Fascinant de les voir débattre des vertus et des pièges de cette ère nouvelle. Il y a dix ans ces gens étaient en marge, aujourd’hui ils sont au centre des débats, ils l’animent. Il y a dix ans, ils prêchaient dans le désert auprès d’un public qui n’y comprenait pas grand chose, aujourd’hui ce sont les sages. Pour rendre honneur à ces gens, je pense qu’on doit également se demander où sont les sages de 2017, aujourd’hui, ceux que l’on entend pas, ne comprend pas nécessairement encore, parce qu’ils sont déjà rendu plus loin, dans un nouveau paradigme. Ceux qui comme nous n’était pas «compris» il y a dix ans.

Je suis de la génération Google (je n’oserai pas dire de la génération Alta Vista). Lorsque j’engage des gens, lorsque je travaille avec des clients, lorsque je sors socialement, je google, c’est plus fort que moi, c’est naturel. Je google pour identifier les gens, pour savoir qui ils sont, ce qu’ils pensent, les projets auxquels ils sont associés, ce que j’ai en commun avec eux, comment ils travaillent, festoient, animent leur communauté. Je me méfie maintenant des gens que je ne trouve pas, des invisibles. Particulièrement des gens qui me disent avoir fait de grandes choses et dont on ne trouve pas de traces sur la toile. Je pardonne bien des choses aux gens que je google, je sais qu’on retrouve n’importe quoi dans Internet. Je sais aussi que, dans bien des cas, je peux apprendre bien plus que de consulter leur CV ou leur identité préfabriqué par le marketing. À force de procéder comme ça, on finit par lire entre les lignes, à comprendre bien des choses, à «connaître» les gens. On sait aussi que ce n’est pas ça connaître les gens, on connaît les limites du médium. Un CV? Rien d’intéressant. Un blogue personnel avec des archives de trois ans… ça parle pas mal plus, même si c’est personnel. Mais implicitement, il faut savoir décortiquer, poser les questions, relativiser, tout autant qu’il faut savoir lire le CV. C’est, bien humblement, une de mes principales qualités de gestionnaire: lire entre les lignes.

C’est un jeu qui se joue à deux cependant, il faut savoir gérer cette nouvelle identité, une compétence qui se développe au quotidien, dans de nouveaux laboratoires, la génération Google sait comment gérer ça avec les sites personnels, les blogues, etc. Puis est arrivé la génération FaceBook, là où l’identité n’est plus définie uniquement par des «fragments indexés», mais par un système cartésien de « définition » de relations interpersonnelles.

Je doute encore être réellement de la génération Facebook (une génération un peu plus sérieuse que la génération MySpace, que j’ai sauté totalement, et plus détendue que la génération LinkedIn dans laquelle je n’ai jamais embarqué vraiment). Pas que je ne trouve pas ça intéressant, pas que je n’y participe pas, seulement que la vague est énorme, que le tsunami est épeurant (comme il est fascinant!), que les conséquences ne sont pas toutes connues.

Mais il ne faut pas exagérer non plus, Facebook, c’est un laboratoire incontournable, probablement le meilleur bain pour former cette nouvelle génération, les sages qui dans 10 ans sauront, d’une part lire la vérité à travers les identités numériques et d’autres parts, les gens qui tailleront leur identité numérique à leur goût en fonction de leurs besoins et de leurs ambitions.

Quand à moi, les sages de 2017, ce sont les jeunes avec leurs photos de brosses de bal de finissants, leur photos habillés en orange, leur statut « is complicated » ou leur relation « we hooked up », ceux qui se feront renvoyer de l’école pour avoir écrit des bêtises sur leur professeur (cherchez un peu, je pense qu’on pourrait vider les écoles rapidement!). Savoir qui a couché avec qui (au propre et au figuré) c’est important dans la vie (on le comprend souvent trop tard!). Les réseaux sociaux ça force un peu à la transparence. Peut-être que le monde s’en portera mieux.

Mais les véritables sages, ce seront aussi les jeunes capables d’analyser en profondeur des réseaux, des connexions invisibles, des compétences, des équipes de travail, des relations interpersonnelles et de travailler différemment. Ça sera fascinant.

N’y voyez pas ici une défense aveugle de FaceBook, parce que, certes, il y a un danger de confier ce «contrat social» à une «entreprise». Et qu’au rythme où les choses changent, y’aura peut-être un autre site «à la mode» dans deux ans (comme on écrira d’ici la fin de l’année sur « Rise and fall of Twitter »). Les coûts à l’entrée sont faibles sur Internet, ça laisse bien de la place à de nouvelles idées, à de nouvelles révolutions.

J’avoue que sur ces questions, je reste un techno-optmiste, avec une forte croyance en la force de l’équilibre et de l’humain dans tout ça. Donc, «FaceBook non merci» peut-être (on croirait un titre du Journal de Québec, parce qu’honnêtement le texte ne dit pas ce que le titre dit), mais surtout «FaceBook, comprendre et apprendre». Parce que c’est tout de même fondamental à l’ère de l’information.

J’ai toujours trouvé affreusement amusant les entreprises qui de nos jours tentent de limiter l’utilisation d’Internet, au lieu de sensibiliser leur personnel à la rigueur et à la productivité propre à leur travail. Tout comme ces écoles qui limitent l’utilisation sans expliquer, simplement parce que des pédagogues ne savent pas profiter de la merveilleuse opportunité pédagogique que celà représente, ou que des technologues préfèrent la censure facile à la censure explicative. À ce titre, écarter FaceBook et les réseaux sociaux de l’éducation de nos enfants seraient, à mon humble avis, une grave erreur. Les citoyens et les sages de la prochaine génération ont besoin de ces leçons, plus que jamais, quitte à être laissés à leur propre apprentissage (faute de guides compétents!)!

Mais bon, je sais, je suis un optimiste.

19 réflexions sur « De la nouvelle identité. »

  1. Après la lecture du billet de Mario, j’ai aussi envie d’écrire à propos de FaceBook… J’ai ensuite lu le billet de Clément et maintenant le votre. Vraiment, je tiens à vous féliciter pour ce billet si bien écrit. Plusieurs gens aime le service de FaceBook sans toutefois le comprendre tandis que d’autre ne l’aime pas, sans toutefois le comprendre! Beaucoup de choses ont été dites ces dernier jours, mais j’écrirai quand même une petite réflexion pour faire suite à celle de Mario.

  2. Où sont les sages de 2017? C’est une bonne question. Tu as raison de la poser. Mais j’ai des doutes, de très gros doutes, quant aux réponses que tu y apportes. Je pense que ton raisonnement, correct au départ, t’amène sur de fausses pistes. Je pense même que ta passion pour ce genre de systèmes — remarquablement conçus, c’est vrai — te joue cette fois un vilain tour.

    D’abord parce que, sincèrement, je ne peux pas croire que les explorateurs de nouveaux paradigmes et les sages de 2017 — comme tu les appelles — se manifesteront dans Facebook. Franchement! Pourquoi choisir un environnement où le contrôle est aussi inégalement distribué? Sinon pour s’y opposer, se révolter, se rebeller — et alors ce serait bien autre chose que ce que tu décris.

    Ensuite parce que Facebook ce n’est pas Internet, ce n’est pas le Web, ce n’est pas un nouveau monde… c’est une simple application, c’est une plateforme économique, un marché, un point c’est tout! Et Mark Zuckerberg n’est pas Tim Berners Lee… faut pas exagérer!

    Non, franchement, des découvreurs qui opteraient pour un environnement entièrement contrôlé par une « Third Party Developper Platform Agreement », je ne peux pas admettre cela: c’est de la mystification! Ils ne sont pas là tes découvreurs… ils seront ailleurs! Où? je ne sais pas… dans des barcamps, des startups mal financées (encore!), dans des projets libres, des iconoclasteries, ok!, mais pas dans Facebook! Come on! Facebook c’est un espace conçu pour des gens déjà éduqués, formés à la bonne société, qui ont de l’argent et dont l’économie de marché, telle qu’on la connaît, ne rêve de mieux connaître! Faudrait pas à nouveau confondre la route des épices et le Nouveau monde! C’est un espace où exercer de l’ingéniosité commerciale, pas pour inventer de quoi sera fait demain!

    J’ajouterai que l’identité, ce n’est pas quelque chose dont la nature varie dans le temps aussi facilement que tu le suggères. Si tous les patrons étaient comme toi ce pourrait être une chose (encore qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie!) mais il se trouve que ce n’est pas le cas! Et je maintiens qu’on ne peut pas à un instant précis de notre vie évaluer l’importance des renseignements qu’on divulgue à notre sujet et les conséquences que cela peut avoir sur le cours de notre vie dans le futur. On ne rigole pas avec ce qui constitue l’essence de ce que nous sommes. Et prétendre autre chose c’est, il me semble, faire preuve d’angélisme. J’irais même jusqu’à dire que de suggérer que les gens « sauront faire la part des choses » c’est rien de moins que renier l’histoire! On ne peut tout simplement pas laisser se confondre l’Identité avec une simple somme de traces laissées derrière soi — c’est plus complexe que cela.

    Il ne s’agit évidemment pas « d’écarter FaceBook et les réseaux sociaux de l’éducation de nos enfants » — à l’évidence! Je revendique néanmoins le droit de choisir d’autres lieux pour éduquer des enfants (et des adultes) aux enjeux associés au développement des réseaux. Je revendique le droit d’affirmer que Facebook n’est tout simplement pas un espace éducatif — tout au plus peut-il être, à cet égard, un laboratoire.

    Ma position se radicalise peut-être un peu trop vite en réaction à ton texte (je me réserve le droit de nuancer dans les prochains jours) mais je pense que c’est manquer de recul que de laisser entendre que « Facebook est probablement le meilleur bain pour former [la] nouvelle génération » — on en reparlera dans quelques mois…

    Tu es optimiste, dis-tu? C’est vrai, et c’est tout à ton honneur, mais cette fois, je pense qu’on frôle la candeur.

    Où alors c’est moi qui suis (déjà) passé dans le camps des réactionnaires? Et alors il faut me le dire encore plus clairement. 😉

  3. Je ne défend pas FaceBook, tout autant que je suis d’accord avec toi sur l’environnement lui-même (commercial, fermé, etc.).

    Je dis seulement que l’on ne doit pas ignorer FaceBook et qu’il est trop simple de dire (ou de penser) qu’on peut lui dire simplement « non merci ». On ne doit pas non plus faire de FaceBookcentrisme, tant dans la promotion que dans la détraction, l’univers Internet ne s’y limite pas, c’est évident.

    C’est « le meilleur bain » parce que c’est sans doute le plus dangereux, le plus incontournable également (l’incontournabilité reste à voir, mais cette année, ça entre dans la ligue du Wii et du iPhone).

  4. J’attends ta réflexion avec impatience Gary…

    Quant à vous deux les cousins, la première chose qui me vient en vous lisant est que si nous ne vous avions pas, il faudrait vous inventer. Je ne sais pas quels genres de «sages» on peut former avec Facebook, mais plusieurs ont décidé que ça ferait parti de leurs outils pour former et se former. Juste pour ça, je me dis que je dois essayer de comprendre… et de mesurer l’ampleur du potentiel ou du désastre.

    Je retiens cette phrase très profonde de CFD: «Puis est arrivé la génération FaceBook, là où l’identité n’est plus définie uniquement par des «fragments indexés», mais par un système cartésien de “définitionâ€? de relations interpersonnelles.» Je dis profonde, parce que je dois creuser pour en découvrir toute la substance…

    Enfin, juste le fait que CFD ait écrit ce genre de billet me prouve que le sujet vaut la peine. En prime, Clément veut qu’on le traite de réactionnaire!

    Tu te souviens du mot que tu employais à chaque semaine en 2002-2003 pour me parler de l’utilisation possible des blogues? «Subversif», tu disais…

    Je ne compte pas sur le lieu «Facebook» pour éduquer les enfants moi non plus et je suis rassuré que tu sois d’accord avec le vocable «laboratoire» pour le qualifier. Tu as le droit aussi d’affirmer que ce n’est pas «un espace éducatif». Ce ne sera pas la première ni la dernière fois que je mettrai les pieds dans un espace rempli de pièges pour essayer de m’en servir pour éduquer, par contre… D’expérience, il y a toujours des apprentissages à faire pour moi dans ces lieux de perdition quitte à passer pour quelqu’un qui les cautionnent! Encore que dans Facebook, les dangers me semblent encore plus impressionnants vus par la lunette des gens de mon âge. Nous avons peut-être raison, nous avons peut-être tort, mais j’aime mieux rester proche que de m’en retourner dans mon confort 😉

  5. N’est ce pas là au coeur de la philosophie info-urbanistique? Les sources d’apprentissage sont partout, pas seulement là ou l’on voudrait qu’elles soient!

  6. Les sages de 2017, où sont-ils? Et s’ils étaient dans la rue et dans la nature, en train de discuter, d’observer, de mettre la main à la pâte et de tisser des liens? En train de se forger une identité bien réelle, d’apprendre à dialoguer en direct, avec leurs amis, leurs parents et leurs voisins sans se cacher derrière une personnalité numérique?

    J’ai animé un atelier le printemps dernier au Rendez-vous jeunes citoyens pour des jeunes du secondaire. Le thème de la journée était «Je pense donc je clique». Les jeunes présents étaient tous très impliqués dans leur école et dans leur milieu (présidents de conseils étudiants, jeunes entrepreneurs…). Ce qui m’a le plus surpris des discussions que j’ai eues avec eux (mon atelier était sous le format «open circle» donc axé sur le dialogue plutôt que sur un monologue de l’«expert») c’est que la technologie joue un rôle bien secondaire dans leurs vies. Oui ils chattent, ils échangent de la musique et, pour certains, ont un blogue. Mais à ma grande surprise, ils étaient presque unanimes à dire que ce n’étaient que des outils, bien secondaires par rapport à ce qu’ils peuvent accomplir sur le terrain, avec leur cerveau, leurs mains et leur voix. Je me souviens de leurs mimiques quand ils décrivaient leurs amis «qui perdent leur vie à chatter sur le net et à ne rien faire d’autre». Je vous le dis, moi qui pensais arriver là et passer pour un techno-twit, je suis tombé de ma chaise en observant comment ces jeunes n’étaient absolument pas centrés sur la technologie, mais plutôt ancrés physiquement dans leur environnement social.

    Et si ces sages de 2017 avaient justement la sagesse de nous ramener sur le terrain, de nous ancrer solidement aux lieux où nous vivons, de nous immerger dans la nature et de faire vivre notre culture? Et s’ils avaient la sagesse de nous réapprendre à dialoguer, à s’ouvrir et à accepter la différence? Et s’ils avaient la sagesse de nous ramener à un mode de vie plus sain et durable? Et si c’était ça, vivre dans la société de l’information?
    Héhé! Nous sommes rendus bien loin de Facebook!

  7. Tu aurais pu commencer par AVERTISSEMENT : ce texte comprend plus de deux lignes 🙂

    La lecture de ton texte m’a fait googler « Altavista » (c’était quand même mieux que yahoo) et m’a fait penser à aller voir mon compte facebook. Je n’accroche pas vraiment au site et à ces nouveaux rapports virtuels. Tout comme je ne penses jamais à connecter mon MSN. Vraiment, je fais figure de vieux pachyderme. Je me définis peut-être de la génération Mosaic !

  8. Moi ce qui me frappe c’est que tu as écrit autant de mots dans ce post que dans tout tes autres depuis que je te lis :-p

    (Ça te tenterais pas d’élargir la boîte à commentaires?)

  9. @ JSB,

    Ce que tu écrit est super JSB et je suis parfaitement d’accord avec toi sur l’angle avec lequel tu abordes les questions de sagesse, mais si le sujet de cette discussion est Facebook, on déduit quoi de ton commentaire? Qu’il ne faut pas s’en occuper? Qu’il y a mieux à faire que de s’en occuper?

    Je veux bien discourir ici des vertus des innombrables façons plus évidentes d’affirmer du leadership (et il en a, c’est sûr), mais mettons qu’on voudrait regarder ce que 30 millions de gens font avec le truc-machin et voir si ça fait parti davantage des problèmes que des solutions, on dois-tu se sentir à ce point «techno-centriste»?

    Autrement-dit: on peux-tu en parler quand même de Facebook même si ce sont des outils bien secondaire?

  10. Mario, pas de problème pour parler de Facebook mais CFD traite la question en se demandant où sont les sages de 2017. J’ai fait du chemin sur les sages de 2017 puisque j’en ai peut-être rencontré quelques-un au forum jeunes citoyens. Loin de dire qu’il ne faut pas parler de Facebook, j’ai souhaité contribuer à la discussion en rendant compte de certaines de mes observations et en posant des questions (auxquelles je n’ai pas les réponses). Je pense que ça apporte un autre éclairage qui peut aider à approfondir la réflexion. Peut-être que ce n’est pas le cas? Tant pis pour moi alors: c’est que je n’ai rien compris!

    Vous pouvez bien discourir de Facebook comme vous voulez et si je n’ai rien d’utile à dire, n’aie crainte, je ne viendrai pas m’en mêler. Et tu peux compter sur moi pour ne pas me contenter d’un «Ça vaut pas la peine d’en parler»… je resterais plutôt silencieux.

  11. JSB, vrai que CFD demandait «où sont les sages de 2017» dans la perspective de ceux «qui comme nous[eux] n’étaient pas «compris» il y a dix ans.»
    Ta réponse n’était pas «hors d’ordre» mon cher… mais ta dernière ligne («Nous sommes rendus bien loin de Facebook!») laisse entendre qu’il faille aller ailleurs pour trouver les sages en question. L’éclairage est intéressant, je le répète, mais j’aimerais tellement lire ce qui te porte à évacuer le phénomène Facebook de ta vision d’un demain plus en équilibre. J’ai bien lu sur le carnet de Clément que tu ne vois que des futilités sur le bidule, mais un gars de ta stature qui a une opinion «no-bullshit», c’est précieux dans une discussion. Pourtant, tu garoches quelques impressions et tu nous attires ailleurs. Qu’est-ce que tu vois de Facebook qui nous éloigne du dialogue constructif? En quoi est-ce que Facebook serait l’ultime patente qui aiderait l’individu à se cacher derrière une personnalité numérique, selon toi?

  12. Voilà que je comprends la réaction de Mario! Mon «on est bien loin de Facebook» voulait seulement dire qu’avec mon commentaire, on s’éloignait d’une discussion tournant autour de Facebook. Dans le fond, c’était comme pour m’excuser de ne pas parler de Facebook dans le commentaire!
    J’ai d’ailleurs dit sur le blogue de Clément que j’étais ouvert à mieux comprendre Facebook même si je trouve qu’il y a un bruit incroyable sur ce système. Je n’évacue donc pas le phénomène Facebook… pour le moment! Disons en terminant que, pour le moment, je trouve que Facebook est bien loin du «less is more» dont nous avons (toi, Clément, moi, CFD…) si souvent fait la promotion.

  13. « Lorsque j’engage des gens, lorsque je travaille avec des clients, lorsque je sors socialement, je google, c’est plus fort que moi, c’est naturel. Je google pour identifier les gens, pour savoir qui ils sont, ce qu’ils pensent, les projets auxquels ils sont associés, ce que j’ai en commun avec eux, comment ils travaillent, festoient, animent leur communauté. Je me méfie maintenant des gens que je ne trouve pas, des invisibles. »

    Je conserve précieusement cette citation pour les élèves. Je suis content, enfin, d’avoir un exemple de ce phénomène si près de chez nous. C’est très révélateur, extrêmement utile, mais fort dangereux.

    J’appuie inconditionnellement la position de Clément, comme je l’ai indiqué sur son billet. Entre des « fragments indexés » et « un système cartésien de “définitionâ€? de relations interpersonnelles » défini par une machine, je préfère le premier car il oblige le sujet à une réflexion qui laisse encore une place à l’incertitude et au doute. Pour rejoindre l’idée de Clément, Héraclite a magnifiquement fait valoir la mouvance de l’être et des choses.

    Les sages, effectivement, sont souvent réactionnaires et anticonformistes. D’abord et avant tout, ils sont indépendants d’esprit. C’est pourquoi on ne les retrouvera plus nécessairement dans Facebook qui est devenu un mouvement de foule. Les perles se trouvent peut-être justement parmi les « invisibles », car il pensent autrement. ‘Think different’, disait la petite pomme.

    En tant qu’éducateur, j’avais besoin de me familiariser avec un outil utilisé par mes élèves. C’est fait. En tant qu’internaute, j’ai la responsabilité de m’interroger sur la finalité des choses. Pour moi, la moralité passe avant l’efficacité.

    Par conséquent, je viens de supprimer mon compte Facebook. C’est la conséquence logique de cette discussion. Je suis reconnaissant à Mario qui a le premier soulevé la question, puis à Clément, Carl-Frédéric et Jean-Sébastien d’avoir si bien éclairé ma lanterne.

  14. LinkedIn, c’est génial; on a sensiblement le contenu d’un CV, avec, en bonus, les «amis professionnels» de la personne. Ça en dit long, parfois.

    Et je vois Facebook de la même manière, avec un plus. Personnellement, je n’ai aucun problème à ce qu’un employeur/client potentiel voit mon profil Facebook. Si il y va, il pourra voir mes films préférés, mes livres préférés et il saura que j’ai un penchant pour Dilbert. Il pourra voir quelques photos de moi avec les yeux fermés la plupart du temps (dont une avec CFD en arrière-plan!), mais rien d’incriminant. Au contraire, j’y vois une opportunité de connaître une personne (versus connaître le background d’une personne).

    Il est de notre *responsabilité* de voir à ce qu’on publie en ligne ne soit pas dommageable pour notre réputation et notre vie privée.

    On ne peut donc pas blâmer Facebook, mais plutôt certains usagers irresponsables. Pour les autres, c’est un outil formidable.

    Et pour ce qui est de la vie privée et de la réputation, deux vidéos très bien faits: http://www.boardsmag.com/screeningroom/commercials/4080/ http://www.boardsmag.com/screeningroom/commercials/4079/

    Vidéotron a démarré une campagne du genre au Québec, mais on en a seulement entendu parler les deux-trois premiers jours. dommage.

  15. La génération Google, très inspirant. Après la génération Baby-boom (imposante), la génération X (rebelle), la génération Google. Comment la qualifiera-t-on? Innovatrice? créatrice? Ouverte? Curieuse? Voyeuse? Avalée par la technologie? Belles réflexions en perspective sur l’identité de la génération montante…
    Félicitations à l’auteur, un texte très inspirant.

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