Des trottoirs de campus universitaire et du gazon social.

D’accord, plusieurs m’ont fait la remarque que c’était mon côté cartésien qui me forçait à attribuer des rôles trop particulier à chacun des « outils sociaux » et que c’est du chaos que naissent les usages novateurs. J’en conviens, je suis un vil cartésien, qui, bien qu’il admire le chaos créatif, tend assez rapidement vers l’asymptote de l’ordre et de la fonctionnalité. Mais là, je vais vous raconter une histoire…

On m’a souvent conté l’histoire des trottoirs universitaires (particulièrement ceux du campus de l’Université Laval) et je m’en servirai ici comme métaphore.

L’Université n’ayant que peu de budget lors des agrandissements successifs de son campus a pris le pari d’investir dans les rues, mais de ne jamais faire de trottoir en même temps. Plusieurs l’ont alors qualifiés de grateuse, alors qu’il n’en était rien.

Il s’agissait au contraire d’une stratégie bien pensée: pourquoi faire des trottoirs a des endroits déterminés sans en connaître l’utilisation réelle au préalable? La stratégie consistait donc à gazonner tout l’espace restant, puis à constater l’usure du gazon aux endroits les plus fréquentés.

Une fois les usages bien déterminés, il ne restait qu’à faire les trottoirs, ce que la stratégie prévoyait systématiquement après deux ans…

Les réseaux sociaux, c’est pareil, on est rendu à constater l’usure du terrain, ne reste qu’à faire les trottoirs pour protéger ce qu’il nous reste de gazon…

5 réflexions sur « Des trottoirs de campus universitaire et du gazon social. »

  1. Sans interdire de marcher sur le gazon à tout prix, il faut aussi reconnaître que la qualité de l’attention accordée à un canal dépend souvent de la pertinence de ce qui y circule.
    Un peu de digression n’est pas bien grave, mais quand on est rendu à recevoir 3 versions d’un même message parce qu’il est répercuté d’une plateforme à l’autre, on parle de gaspillage d’attention, et de dilution de la pertinence.
    Sans poser de barrières, je pense qu’un trottoir indique bien où on est censé marcher, tout en permettant une certaine latitude. On ne parle pas de clôture ou d’interdiction.
    Sinon, on risque d’avoir de plus en plus d’hurluberlus qui vont marcher non seulement sur le gazon, mais aussi dans les plates-bandes. Et nous avons tous le droit de nous battre pour préserver la qualité du temps utilisé à glaner de l’information.
    La beauté de la chose, c’est que nous sommes libres de nous désabonner de toutes les sources de pollution informationnelles. Personne ne nous oblige à être membres de Facebook, n’est-ce pas?

  2. Le web? Ben voyons… Si n’importe qui peut écrire n’importe quoi sur une page web ça ne marchera jamais cette affaire là…

  3. Clément, Internet, dans le fond, c’est comme un genre de gros PDF. Ça devrait être juste une personne qui écrit ça, et il devrait le faire approuver par les autorités compétentes et autorisées. Sinon, c’est l’anarchie, pis l’anarchie, c’est mal! 😉

  4. Il est a déploré que, deux ans plus tard, l’université ne construit pas de trottoirs et que le gazon continue à s’user… Pourtant les jardiniers, chichement payés, continuent tant bien que mal à entretenir le gazon et ont même l’audace de faire pousser de nouvelles plantes. Des années plus tard, un entrepreneur reçoit de rondelets budgets pour construire de beaux trottoirs bien lisses et des jolis bacs à fleurs aseptisés, tandis que les jardiniers se font traiter de paresseux gâtés.

    Tant qu’à faire dans la métaphore ! 😉

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